domenica 6 gennaio 2013

Lo straniero

 - Dimmi, enigmatico uomo, chi ami di più?
Tuo padre, tua madre, tua sorella o tuo fratello?
- Non ho né padre, né madre, né sorella, né fratello.

- I tuoi amici?
- Usate una parola il cui senso mi è rimasto fino ad oggi sconosciuto.

- La patria?
- Non so sotto quale latitudine si trovi.

- La bellezza?
- L'amerei volentieri, ma dea e immortale.

- L'oro?
- Lo odio come voi odiate Dio.

- Ma allora che cosa ami, meraviglioso straniero?
 - Amo le nuvole... Le nuvole che passano... laggiù... Le meravigliose nuvole!

-----

- Qui aimes-tu le mieux, hommes énigmatique, dis ?
Ton père, ta mère, ta sœur ou ton frère ?
- Je n'ai ni père, ni mère, ni sœur, ni frère.

- Tes amis ?
- Vous vous servez là d'une parole dont le sens m'est resté jusqu'à ce jour inconnu.

- Ta patrie ?
- J'ignore sous quelle latitude elle est située.

- La beauté ?
- Je l'aimerais volontiers, déesse et immortelle.

- L'or ?
- Je le hais comme vous haïssez Dieu.

- Eh! qu'aimes-tu donc, extraordinaire étranger ?
- J'aime les nuages... les nuages qui passent... là-bas... les merveilleux nuages!


(Charles Baudelaire; "Lo spleen di Parigi")

3 commenti:

  1. Amo le nuvole...che passano laggiù.
    Un concentrato infinito di bellezza.

    RispondiElimina
  2. Quanto mi identifico in questo spleen....

    RispondiElimina